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Structure du manteau neigeux

Neige et météo

Le manteau neigeux est composé de différentes couches. Elles peuvent être épaisses, fines, dures, molles, adhésives, solides ou fragiles. Cet empilement de couches est influencé directement par la météo, mais il évolue aussi suivant un processus continu de transformation dans le manteau au cours de l’hiver. Nous nous sommes concentrés dans ce cours sur les trois ingrédients nécessaires pour une avalanche (plaque, couche fragile, inclinaison de la pente). Deux de ces ingrédients sont présents dans la structure du manteau neigeux, il faut donc s’intéresser de plus près à cette structure.

Le but de cette partie n’est pas de vous inciter à aller creuser dans la neige pour analyser le manteau, mais plutôt de vous apprendre quelles lois de la nature sont en jeu dans le manteau et comment anticiper leurs conséquences. Il vous faut cependant toujours lire le bulletin d’avalanche. Les experts connaissent mieux que vous ce qui se passe dans le manteau neigeux et surveillent son évolution tout au long de l’hiver.

Beaucoup de neige vaut mieux que très peu

Les avalanches sont souvent associées à de grandes chutes de neige fraîche. La pratique montre cependant que les importantes chutes de neige ne sont pas si mauvaises que cela. On dénombre moins de victimes d’avalanches les hivers très neigeux, car la structure du manteau est souvent meilleure. En fait, la raison tient surtout au fait qu'une couche de neige homogène épaisse (une chute de neige de 120 cm, par exemple) n'offre pas les bonnes conditions pour la formation de couches fragiles type faces planes ou gobelets. Les faces planes et gobelets se forment par gradients moyens ou forts. Le gradient est défini par la différence de température entre la base de la couche et son sommet, rapportée à l'épaisseur de la couche. Plus l'épaisseur d'une couche est importante, plus un gradient moyen ou fort est "difficile" à obtenir, avec des conditions de températures en surface "normales". En outre, une forte épaisseur implique un tassement/densification rapide de la couche... et donc une isolation moindre (peu d'air entre les grains), ce qui implique moins de différence de température entre la base et le sommet de la couche (car pas d'isolation)... ce qui contribue à maintenir un gradient faible plutôt que moyen ou fort, donc plutôt une orientation vers du grain fin. Mais comme la nature n'est pas aussi "carrée" que la théorie, on peut avoir des couches fragiles épaisses.

 Une couche de 40 cm de face planes en face sud.

Une couche de 40 cm de face planes en face sud.

Mais attention, même pendant un hiver neigeux, il peut arriver que vous rencontriez une zone moins enneigée que les autres, car plus exposée au vent. Il vous faut donc faire attention aux zones moins enneigées lorsque vous skiez sur une pente, car la probabilité de toucher une couche fragile est plus importante. Sans oublier qu'une grosse chute de neige, intense, en peu de temps, fait grimper le risque immédiatement pendant quelques heures à quelques jours (règle des 3 jours)... avant de se tasser et de faire redescendre le niveau de risque.

Mieux vaut des couches épaisses homogènes que plusieurs petites couches hétérogènes

Quelques couches de neige épaisses mais similaires créent une situation plus favorable que de nombreuses petites couches à la structure différente. N’oubliez pas que 90% des avalanches mortelles sont déclenchées par leurs propres victimes. Sur quel type de manteau la pression (que vous apportez en skiant) va-t-elle atteindre une couche fragile en premier ? Sur un manteau de 3 m d’épaisseur ou sur un manteau de 1 m ? De plus, un manteau homogène permet de limiter les gros écarts de températures entre les différentes couches. 

 L’avalanche s’est déclenchée là où le manteau était le plus fin.

L’avalanche s’est déclenchée là où le manteau était le plus fin.

La couche de surface d’aujourd’hui sera peut-être la couche fragile enfouie de demain

Le soleil brille, le ciel est bleu et il fait froid. Ça ressemble à une journée idéale pour tout amateur de freeride. Si cette météo dure, une belle couche de grains anguleux apparaît à la surface du manteau. Ces grains peuvent être des faces planes, des gobelets... ou du givre de surface. Cette neige est parfois excellente à skier (vieille poudre) jusqu’à ce qu’il reneige ou bien que le vent se mette à souffler. Ces longues périodes de beau temps froid ont en fait la mauvaise habitude de créer une nouvelle couche extrêmement fragile. Ajoutez sur cette couche anguleuse une nouvelle chute de neige ou de la neige rapportée par le vent et vous obtenez la combinaison parfaite pour créer les conditions propices aux avalanches. Ces grains anguleux se forment plus facilement dans les faces à l'ombre, où le soleil ne vient pas réchauffer la neige en surface et casser le processus de transformation. Dans les coins humides (près des rivières, des lacs, dans certaines clairières), c'est plutôt du givre de surface qui se crée.

La situation peut s’avérer dangereuse dans deux cas :

  • Une couche de grains anguleux sur laquelle se dépose une couche de neige fraîche est la combinaison la plus classique pour créer le danger. En très peu de temps se forme une couche cohésive sur cette couche fragile qu’est le givre. Lorsque la pente est supérieure à 30 degrés, le danger est bel et bien présent ;

  • La combinaison du vent et de grains anguleux. De la neige plaquée peut venir se déposer sur cette couche de grains anguleux et ainsi créer le sandwich parfait couche fragile/couche dense, pour créer une situation avalancheuse à risque. Cette combinaison et son danger sont souvent sous-estimés.

 Une nuit claire s’annonce, le givre de surface va se créer.

Une nuit claire s’annonce, le givre de surface va se créer.

Ces couches de grains anguleux, qui peuvent devenir des couches fragiles une fois enfouies dans le manteau neigeux, peuvent être très épaisses (quelques dizaines de centimètres) et parfois extrêmement fines (quelques millimètres). Cas, par exemple, de la formation de faces planes à l'interface entre la surface d'une croûte de regel et la base d'une nouvelle chute de neige. On croit souvent que si la nouvelle couche de neige est partie en avalanche, c'est parce que la croûte était un bon plan de glissement. C'est plus souvent parce qu'une couche de face plane s'était formée entre les deux et que celle-ci s'est rompue, faisant perdre à l'interface la cohésion des deux couches.

Pente traffolée, une circonstance atténuante

Vous avez sans doute déjà entendu le terme de traffolé. Cet adjectif s’applique à une pente qui a été très tracée après une chute de neige. Si la pente commence à ressembler à un champ de bosses, on ne dit plus que la neige est "traffolée", on dit que c'est un champ de bosses. Dans une pente où la neige est traffolée, on trouve encore des monticules de poudreuse... entre les traces. Ici les couches faibles n’ont que peu de chances de se former grâce au tassement artificiel réalisé par les nombreux passages.

Mais attention à ne pas galvauder ce terme, très peu de pentes sont suffisamment skiées pour offrir cette sécurité. Les pentes dont nous parlons sont labourées en moins de 24 heures par les skieurs. Et seule la partie constamment tracée de la pente présente moins de risques de couches fragiles. Écartez-vous de quelques dizaines de mètres sur les côtés, là où personne ne passe jamais (ou rarement), et le manteau redevient vierge... et les couches fragiles peuvent être présentes. La pente que vous adorez nécessite un peu de marche ? Considérez alors que, dans 9 cas sur 10, cette pente ne peut être considérée comme stabilisée par le passage des skieurs.

 Ici, pas de doute, la pente est plus que traffolée, c'est un vrai champ de bosses.

Ici, pas de doute, la pente est plus que traffolée, c'est un vrai champ de bosses.

 Mais cette pente ? Peut-on la considérer comme traffolée en permanence ? Ou s’agit-il simplement d’une surfréquentation ponctuelle ?

Mais cette pente ? Peut-on la considérer comme traffolée en permanence ? Ou s’agit-il simplement d’une surfréquentation ponctuelle ?

Résumé

  • En termes d’avalanches, un hiver très neigeux est plus sûr qu’un hiver plutôt sec ;
  • Même lors des hivers avec beaucoup de neige, des zones plus dégarnies existent encore, donc attention !
  • Mieux vaut de grosses couches épaisses que beaucoup de couches fines ;
  • La topographie du terrain et le vent rendent le manteau neigeux hétérogène et parfois même plus fin en certains endroits ;
  • Les grains anguleux se forment lors des périodes prolongées de beau temps, froid et très facilement dans les pentes à l'ombre ;
  • Grains anguleux + neige fraîche + vent = augmentation du risque d’avalanche ;
  • Grains anguleux + vent = augmentation du risque d’avalanche ;
  • Une pente est traffolée lorsqu'elle est très régulièrement skiée en moins de 24 heures après une chute de neige ;
  • Les couches fragiles sont détruites systématiquement sur ces pentes.
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